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Vers une intelligence collective sociétale

“Il n'est rien de plus puissant qu'une idée dont l'heure a sonné !”

Cette phrase de Victor Hugo va et vient comme un souffle dans mes oreilles depuis ce début d’année 2019. Vous connaissez certainement l'histoire du centième singe ?

Cette histoire et le sens qui en émerge, forment aujourd'hui un récit allégorique, fondé sur la théorie des champs morphiques du biologiste Rupert Sheldrake. Celle-ci stipule qu'un changement intervient dans le comportement d'une espèce dès l'instant qu'une masse critique - le nombre exact requis d'individus de cette espèce - est atteinte. A ce stade, les habitudes ou comportements de toute l'espèce se modifient et la propagation d’une idée, d’un savoir ou d’une capacité au sein d'une population humaine se réalise au-delà du visible.

Le "centième singe", c'est le singe anonyme dont on suppose qu'il a fait pencher la balance de toute l'espèce, celui dont le changement de comportement signifiait que dorénavant tous les singes se mettrait à fonctionner différemment. L'allégorie du centième singe véhicule l'espoir que dès l'instant où un nombre critique a changé de comportement ou d'attitude, la société change à son tour. Ce qui paraît impensable est un jour réalisé par une personne, puis par de nombreuses autres. Et sitôt qu'un seuil critique d'individus a effectué ce changement, il se généralise à tout le monde : c'est désormais ce que chacun fait, c'est ainsi qu'on se comporte à dater de ce jour, en tant qu'êtres humains.

Il faut donc bien que quelqu'un soit le trentième, le cinquantième ou le quatre-vingt-dix neuvième singe, avant qu'il n'y ait un centième singe. Et personne ne sait si nous sommes tout proche ou encore loin de ce singe-là, jusqu'à ce que soudain, ça y est, nous y soyons parvenus ! Pour que la culture humaine change - pour qu'il y ait un centième singe - il faut un équivalent humain à Imo et à ses amis.

“Le cerveau, trop petit pour contenir la mémoire, n'est pas un organe de stockage

mais un organe de liaison avec la banque de données du champ morpho-génétique

dans laquelle se mêlent passé, présent et futur.” 

Rupert Sheldrake

De ce qui s’effondre émerge une nouvelle vie ...

Si nous aspirons à ce que l’ancien système - déjà en bonne voie d’effondrement - bâti sur des valeurs essentiellement masculines, de combat et de “pouvoir sur”, soit équilibré par la sagacité et la compassion que l'on associe aux aspects féminins de l'humanité, par la sagesse et le lien au vivant et à la planète, c'est par un processus analogue au centième singe que nous y parviendrons. Je crois sincèrement que cela arrivera le jour où il y aura suffisamment de cercles inspirés et oeuvrant avec les valeurs du féminin alliés au masculin. Un cercle est par essence non hiérarchique, c'est à cela que ressemble "l'égalité" et le partenariat. C'est ainsi que se comporte une culture qui écoute tous ses membres et apprend quelque chose de chacun d'eux. Ainsi, pour les nations autochtones et depuis l’arrivée de l’humanité sur cette planète, le cercle constitue une approche globale de la compréhension de la vie et des êtres vivants. En vertu de cette approche circulaire, tout ce qui existe dans l'univers est redevable à une Essence à l'origine de la création et qui a engendré le mouvement circulaire de la vie. Dans le cercle, tous les éléments de la création, soient les humains, les animaux, les plantes, l'air, le feu, l'eau, la terre, les étoiles, les planètes, etc forment un tout indivisible. Il n'existe, sur le plan de la Vie, aucune suprématie d'un élément sur un autre. Tous sont sur un même fondement, la VIE, et créé un tissage infini de relations entre tous ces éléments.

Dans une pensée "circulaire", la recherche de l'équilibre et le maintien de l'harmonie sont des préoccupations de tous les instants qui orientent et conditionnent la vie et les actions de tous. Tout doit être mis en oeuvre pour atteindre et conserver cet équilibre, car la survie et le bien-être de chacun en dépendent. Chacun est moralement responsable de l'autre et de son bien-être. Tous les éléments du cercle sont formés de la même substance vitale. Selon la tradition, les Autochtones estiment qu'ils doivent faire preuve de partage, de respect, d'humilité et d'honnêteté. Ces valeurs inhérentes au cercle ne peuvent être dissociées, car elles sont essentielles pour le maintien de l'équilibre et de l'harmonie. L'Autochtone n'est pas sur Terre pour dominer la création, mais pour témoigner de l'infinie Sagesse de la source de création de l'univers et pour vivre en harmonie avec les êtres.

A présent, revenons un instant sur les mouvements qui ont initié des secousses dans la société civile. 

Ces mouvements récents ont déjà bien secoués nos vieux systèmes. Rappelons-nous du mouvement “Occupy movement” qui débute fin 2011 à Kuala Lumpur en Malaisie avec “Occupy Dataran”, suivi par “Occupy Wall Street” et “Occupy San Francisco”. Le 9 octobre 2011, le mouvement est présent dans plus de 95 villes à travers 82 parys et plus de 600 communautés aux Etats-Unis. Ce mouvement de protestation sociale, principalement dirigé vers les questions d’inégalités économiques et sociales a été rapproché du “mouvement des Indignés”, mouvement de manifestations non violent né sur la Puerta del Sol en Espagne, à Madrid le 15 mai 2011 et rassemblant des centaines de milliers de manifestants dans une centaine de villes. Nous savons oh combien ces mouvements ont secoués nos croyances jusque dans nos entrailles. “Oui, c’est possible !” avons-nous pensé, tout en nous demandant si nous n’allions pas basculer dans l’anarchie.

Mais alors, comment passer “de la pyramide aux cercles” sans passer par l’anarchie ? Il est certain qu’une phase de chaos est à traverser, ce que nous observons en intelligence collective lors de grands forums ouverts par exemple. Du chaos naît la lumière, le dit-chaos n’étant pas nécessairement synonyme de violence, ici la maturité et la responsabilité individuelle et collective sont interpellées.

En quoi la puissance des cercles est-elle contagieuse ?

La création de cercles est contagieuse car elle invite la vie, la respiration, la créativité, le partage, la reliance, la circulation de l’information, la joie de contribuer ce qui est le fondement même de notre humanité. (Cf. le mouvement des Gilets Jaunes s’installant sur les rond-points). Plus il existe de cercles et plus il est facile d'en former d'autres ; c'est ainsi que fonctionne le champ morphique. Chaque cercle est une régénération de la forme archétypale dont s'inspire le moindre cercle ayant jamais existé, et à son tour il s'ajoute au champ d'énergie archétypal du cercle, de sorte qu'il sera encore plus facile d'en créer un suivant. Les champs morphiques et les archétypes se comportent comme s'ils possédaient une préexistence invisible, en dehors du temps et de l'espace. Ils nous sont instantanément accessibles et lorsqu'on se met en phase avec leur forme, ils s'expriment. (Cf. La Fleur de Vie et la géométrie sacrée qui expliqueraient les fondements de notre Univers).

Le rééquilibrage des polarités :

Nous traversons une période de rééquilibrage des polarités : féminin-masculin, gauche-droite, vertical-horizontal, oserai-je mettre en polarités la pyramide et le cercle (!), ainsi que l’axe de rotation de la terre, j’aurai certainement pu commencer par ce dernier point. De ce fait, plus les cercles vont entrer dans les systèmes et plus l’information va circuler au sein de ces cercles et plus nous transformons et activons en nous-même ces rééquilibrages.

Les cercles dans les pyramides

Et comme un mouvement ne va pas sans emporter avec lui les formes que nous avons créées à l'extérieur pour vivre ensemble, la question des flux qui nous relient et de l'équilibre de ceux-ci sont fortement tiraillés actuellement, quoi de plus normal !.

Le(s) mouvement(s) actuel(s)

Nous ne sommes pas sans savoir qu’il se passe des mouvements importants dans le monde, il s’en est passé de tout temps. Je vous propose que nous restions en France pour le moment en observant de façon “macro” ce qui s’y passe. Il s’agit d’une vision et elle n’exclut pas de nombreuses autres qui pourraient circuler, bien au contraire, nous sommes dans une réalité fractale et multiple.

Oui, il se passe quelque chose de vraiment nouveau !

Nous sommes au temps des grands débats. Certes, le dialogue génératif eut été inspirant pour avancer, toutefois saluons ces initiatives :

Le 15 janvier 2019 un “Grand Débat” a été lancé par le Gouvernement, avec en première page la lettre du Président de la République aux Français avec 4 thèmes de discussion ouverts. (Mouvement vertical, du haut vers le bas et souhait d'horizontalité ; sera t'il relié au VD ?) (1)

&

Le 30 janvier 2019, un “Vrai Débat” a été lancé par le mouvement citoyen des Gilets Jaunes proposant en première page une consultation citoyenne sur 9 thèmes et une lettre ouverte au Président de la République. (Mouvement horizontal ; sera t'il relié au GD ?) (2)

Il y a une pépite dans l’histoire ! En effet, c’est le même développeur, à savoir la société Cap Collectif, un "collectif générateur d'intelligence collective” (il porte merveilleusement son nom !), dont la raison d’Être se décline en ces termes : “Nous aspirons à une société fondée sur la collaboration entre les individus", qui a offert ses services et sa plateforme contributive au Grand Débat et son logiciel de démocratie participative à disposition du Vrai Débat. Ainsi la plateforme sert d’alliance entre les deux débats dans l’invisible.

Saurons-nous transformer cet invisible en véritable alliance ?

OUI ! Si nous optons pour la 3ème voie au-delà du pour et du contre, au delà des espaces critiques et duels où il y a systématiquement un vivant et un mort, un bon et un méchant, un qui sait faire et l’autre qui ne sait pas faire. Alors, que nous soyons investis/en recul de ces mouvements, critiques/enthousiastes, dehors/dedans, contre/pour, tout ceci relève de la vision binaire et nous fait tourner en rond avec une satisfaction en demi-teinte ou avec un esprit enfermé dans le perdant/gagnant.

Nous le savons bien à présent “L'énergie suit la pensée !”. En clair, cela signifie que à l’endroit où nous posons notre regard, l’énergie afflue : notre œil est comme une loupe et notre pensée est cet œil intérieur qui, en s’appliquant, concentre l’énergie.

Alors sachons voir les alliances visibles et invisibles qui se créent sous nos yeux en offrant notre présence contributive, qu’elle soit agissante, en pensées et en intentions. En ouvrant notre esprit comme dans le “Presencing” et l’Eco-System Activation de Otto Scharmer, sachons faire passer nos énergies de l’EGO-SOCIETE à l’ECO-SOCIETE en permettant :

  • un ESPRIT ouvert, en invitant au silence la voix du jugement => curiosité
  • un COEUR ouvert, en invitant au silence la voix de la peur => compassion
  • une VOLONTE ouverte, en invitant au silence la voix du cynisme => courage

et en ouvrant notre coeur à la rencontre, aux alliances et à ce qui va émerger de nos reliances.

Pour conclure et en étant attentif à ces voies qui s’ouvrent à nous, avec le soutien bienveillant-exigeant de chacun, nous permettons peu à peu à l’inconscient collectif de quitter le triangle de Kapman et ses trois personnages anxieux "victime-bourreau-sauveur", pour nous permettre de faire advenir 3 heureux contributeurs et bien plus (!) se réjouissant de partager : “Nous ne changeons pas le monde, nous sommes le monde qui change !” (1) au plus près de leur vulnérabilité, au coeur de leur contribution authentique et en bienveillance emphatique.

Maryvonne Piétri

(1) Citation de Pascale de Gail-Athis

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